31 août 2010

Et maintenant, Saint-Estève !

La rumeur circulait dans la foule inaugurale de Visa pour l'Image. Elle n'en est plus une. Les P.-O. s'illustrent encore et, après Perpignan, Saint-Cyprien et Canet, c'est une nouvelle ville de plus de 10 000 habitants où il faudra voter (manque Argelès). A Saint-Estève, on a sans doute pas fini d'être chahuté par le ressac du marché des spectacles sur lequel se battaient Boitaclous et Anim' Passion. Voilà que la préfecture a enregistré 13 démissions des derniers colistiers fidèles du maire PS Elie Puigmal. Elles ont été rédigées la semaine dernière et prennent effet ce mercredi matin. "Mes adjoints ont donné leur démission au préfet et les conseillers me l'ont remise en tant que maire", précise Puigmal que j'ai pu joindre après deux tentatives avortées pour cause de réunion (lui pas moi).

Sur 33 élus, il y avait 7 élus d'opposition en 2008. Ils ont été rejoints par 9 dissidents. La majorité municipale ne tenait qu'à une voix (17-16). Mais "en juillet, 3 élus ont à nouveau lâché le maire",explique Jean-Jacques Vila opposant farouche du maire, positionné au centre droit. A 14 contre 16, le maire ne pouvait plus tenir, commente encore Vila.

En demandant à ses 13 colistiers restant de démissionner, Puigmal sait qu'il provoque des élections anticipées. Il faut en effet que les 2/3 du conseil municipal soient en fonction pour qu'il ait le droit de sièger. Et le fait qu'un des suivants de liste (il en restait 7 à faire "monter") refuse de démissionner ne change rien à la donne. Des élections auront lieu, probablement fin octobre début novembre. Peut-être plus vite encore, certains avançant la date du 15 septembre pour le dépôt de listes. Ce qui fait un peu court tout de même !

Pourquoi ces démissions ? "On s'est réuni et unanimement on a dit, il faut que ça cesse. Il faut que Saint-Estève retrouve de la sérennité. Je ne pouvais travailler en me faisant insulter", évoque Puigmal qui rappelle avec insistance : "J'ai quand même été élu pour un second mandat avec 58 % des voix."

Mais pourquoi Puigmal, lui, n'a-t-il pas démissionné ? Jean-Jacques Vila a une explication. "Ils ont tous démissionné sauf lui car il veut garder les rênes de la mairie le plus longtemps possible, avoir accès à la photocopieuse et toucher ses indemnités. Il sait depuis janvier qu'il sera inquiété, mais il continue à percevoir ces sommes."Et Vila les chiffres ces émoluments. "Il perçoit 2 200 euros de la mairie et 1 800 euros de l'agglo." Il ajoute encore le conseil général, mais là, c'est de la triche car de ce poste là il n'a aucune raison d'en partir. Elie Puigmal donne évidemment une autre version. "Je n'ai pas démissionné car jusqu'aux élections, il faut un patron à la ville. Il y a un budget qui a été voté et qui est en cours d'exécution. Il est hors de question que je laisse les rênes à l'opposition." Il affirme : "Ce n'est pas une manoeuvre de ma part. Cette position a été réfléchie avant l'été avec toute mon équipe."

Elie Puigmal sera, il me l'a confirmé, évidemment candidat et tête de liste. Sur 33 colisiters, il a déjà 20 noms. Le sien, les 13 et les 6 ayant refusé de siéger. En face, que feront les Vila, Robert et Jean-Jacques ? Ce dernier souhaite une liste unie, mais craint une division de l'UMP. Il faudra en tout cas se décider vite.

Enfin, l'enquête judiciaire sur le marché des spectacles pourrait prendre un nouveau tour avec l'audition de nouvelles personnes.